Projets femme paix et sécurité : former pour résister aux violences, l’engagement de l’AJEA auprès des femmes vulnérables à Bafoussam

Dans un contexte marqué par la recrudescence des violences basées sur le genre et des féminicides en Afrique centrale, des initiatives locales émergent pour renforcer la résilience des femmes. À Bafoussam, l’Association des Jeunes Épanouies en Action (AJEA) s’illustre à travers une formation dédiée aux jeunes femmes déplacées internes et issues des communautés hôtes.

Une réponse locale à une crise persistante

Les violences basées sur le genre (VBG) continuent de représenter un défi majeur en Afrique centrale, où les crises sécuritaires et sociales accentuent la vulnérabilité des femmes. Les déplacées internes, en particulier, font face à des risques accrus, souvent dans un silence renforcé par le manque d’information et d’accès aux mécanismes de protection.
C’est dans ce contexte que l’Association des Jeunes Épanouies en Action (AJEA), dirigée par Michelle Tagne et bénéficiaire du projet Femme, Paix et Sécurité en Afrique Centrale, a initié une formation à Bafoussam, visant à renforcer les capacités d’une trentaine de jeunes femmes.
Des outils concrets pour faire face aux violences
Réunissant des participantes issues à la fois des populations déplacées et des communautés hôtes, la formation s’est voulue pratique et accessible.

Plusieurs thématiques clés ont été abordées, notamment les aspects juridiques des VBG, permettant aux participantes de mieux comprendre leurs droits et les recours possibles en cas de violence.

Le circuit de prise en charge des survivantes a également été présenté, mettant en lumière les différents acteurs et services disponibles, de l’assistance médicale au soutien psychosocial et juridique. Un élément essentiel pour faciliter l’orientation des victimes et réduire les obstacles à leur accompagnement.
Par ailleurs, un accent particulier a été mis sur la communication en situation de violence. À travers des échanges participatifs, les femmes ont été outillées pour briser le silence, s’exprimer et agir face aux situations de violence, que ce soit pour elles-mêmes ou pour leur entourage.

Une initiative soutenue par les autorités locales

Placée sous la supervision du Maire de Bafoussam, cette activité témoigne de l’importance d’un engagement conjoint entre les autorités locales et les organisations de la société civile. Cette collaboration renforce la légitimité des actions menées et favorise leur ancrage durable dans les communautés.
Libérer la parole, construire la résilience
Au-delà de la transmission de connaissances, la formation a permis de créer un espace sécurisé de dialogue et de partage d’expériences. Dans un contexte où les violences sont souvent tues ou banalisées, cette libération de la parole constitue une étape essentielle vers le changement.

À travers cette initiative, l’AJEA réaffirme le rôle central des actions de proximité dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Former, informer et autonomiser deviennent ainsi des leviers puissants pour transformer durablement les communautés.

Des femmes actrices de paix et de transformation
Face à la montée des féminicides et des violences systémiques, chaque initiative compte. À Bafoussam, cette formation illustre une conviction forte : les femmes ne doivent pas être uniquement considérées comme des victimes, mais comme des actrices clés de la paix, de la résilience et du changement social.

Equipe Essentielles

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