Madame Marie-Claire Dieudonnée Nseng-ElangDésormais Procureure générale près la Cour suprême : une nomination qui fait débat sur les Réseaux sociaux.

La nomination de Madame Marie-Claire Dieudonnée Nseng-Elang au poste de Procureure générale près la Cour suprême du Cameroun en remplacement de feu Luc Ndjodo , le 20 novembre 2025, marque un tournant historique : c’est la première femme à accéder à cette haute fonction au sommet de l’appareil judiciaire au Cameroun. Pendant que certains acclament cette innovation au sein de l’appareil judiciaire, D’autres ont déplacé vers l’origine ethnique de l’heureuse nommée.

C’est là tout le paradoxe!

Dans un pays où les femmes sont très faiblement représentées dans les sphères de prise de décision, chaque nomination féminine devrait être un signal d’espoir, un appel à l’équité et une victoire collective. Mais trop souvent, lorsqu’une femme est enfin propulsée là où on ne les attend pas, ce sont sa loyauté, son appartenance politique ou ses origines régionales qui deviennent soudain les sujets prioritaires de discussion.

Nous l’avons vu récemment lors de la nomination de la 11ᵉ membre du Conseil constitutionnel, autre femme dont la légitimité a été questionnée moins sur son parcours que sur son appartenance politique. Comme si, pour les femmes, la compétence n’était jamais suffisante pour clore le débat.

Il est urgent de recentrer le débat où il doit être : sur le mérite et la compétence.

Dans notre contexte où les femmes sont encore largement sous-représentées dans les hautes fonctions publiques, nous n’avons pas le luxe de déconstruire les rares avancées obtenues. Même
Nous ne pouvons pas réclamer l’égalité des genres d’une main et dévaloriser les femmes nommées de l’autre.

Si polémique il doit y avoir, qu’elle porte sur la compétence, l’expérience, la vision et la qualité du travail fourni.

Parce qu’aujourd’hui, la réalité est simple :
nous ne disposons pas encore d’un vivier suffisamment large de femmes dans les plus hautes instances pour commencer à exiger un équilibre d’ethnies ou de courants politiques parmi elles.

Chaque femme nommée ouvre une porte.
Chaque femme nommée crée un précédent.
Chaque femme nommée rapproche l’égalité de la réalité.

Alors, soutenons celles qui arrivent à franchir ces barrières. Et militons pour que d’autres suivent, issues de toutes les régions, de toutes les communautés, de tous les horizons.

Le Cameroun gagnerait davantage à considérer la valeur professionnelle, l’intégrité, l’expérience et la capacité d’action de Madame Nseng-Elang plutôt que son origine.

Faisons de cette nomination non pas un terrain de division, mais une opportunité pour faire progresser la justice, l’équité et la place des femmes dans les institutions.

Parce qu’en fin de compte, lorsqu’une femme arrive au sommet, le pays tout entier avance.

Même si les questions éthiques d’appartenance politique ne manquent pas dans les débats publics à chaque nomination au Cameroun,
Pour le moment, nous ne pouvons pas encore nous offrir le luxe de trier et tirer sur les femmes. Encourageons celles qui arrivent à s’asseoir sur la table de discussion et poussons les à tirer les autres vers le sommet.

Par Adeline Marie TSOPGNI
Étudiante en science politique

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