Survivre avant de grandir : le quotidien des jeunes qui s’adonnent aux petits métiers

La jeunesse « fer de lance de la nation » lorsqu’elle se retrouve condamnée à faire du travail informel son unique planche de salut ? Tel est malheureusement le quotidien des jeunes camerounais qui, entre précarité quotidienne et espoir d’un avenir meilleur, n’ont d’autre choix que de multiplier les petits boulots pour survivre.

1. Les causes d’un phénomène en pleine expansion

Les marchés et les rues du Cameroun se remplissent de jeunes pousseurs de charges, vendeurs à la sauvette, mototaxis, et bien d’autres encore. L’essor de ces petits métiers est révélateur d’un chômage massif : près de 39 % des jeunes Camerounais seraient sans emploi. Face à l’absence d’opportunités, beaucoup trouvent dans l’informel une manière de survivre.

« Je ne gagne pas grand-chose, mais au moins je ne dors pas le ventre vide. Rester à la maison, c’est mourir lentement. » — Dieudonné, 17 ans, pousseur au marché Mboppi à Douala.

À cela s’ajoute la pauvreté structurelle : plusieurs familles vivent avec des revenus insuffisants pour couvrir les besoins de base. Même un petit métier rapportant 1 500 à 3 000 F CFA par jour devient une bouée de sauvetage. L’abandon scolaire précoce aggrave la situation, l’économie informelle devenant alors le seul horizon de ces jeunes.

2. Les conséquences : entre risques, exploitation et violences

Ces petits métiers exposent les jeunes à de nombreux dangers : accidents de circulation pour les mototaxis, agressions et vols pour les vendeurs à la sauvette, et pour les jeunes filles en particulier, exploitation et violences sexuelles, faute de protection et de cadre légal.

Il devient urgent que le gouvernement et les municipalités renforcent les politiques d’appui à la jeunesse : programmes d’insertion, financements de micro-entreprises, centres de formation accessibles, dispositifs d’accompagnement des jeunes déscolarisés.

C’est dans cette lancée que nous pourrions effectivement parler de la jeunesse comme étant le fer de lance de la nation.

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